Comparatif
Binomya ou le tableur de planning maison, que choisir
Presque toutes les entreprises de taxi conventionné que nous rencontrons pilotent leur planning itératif dans un classeur, une feuille par semaine, une couleur par véhicule. Ce classeur fait très bien ce pour quoi il a été construit, tenir la trace de qui va où et quand. Il ne sait pas croiser des heures de branchement, des durées de séance et des contraintes de fauteuil pour en tirer des binômes réalisables, et il ne produit aucune preuve le jour où la caisse demande des comptes.
Le comparatif poste par poste
| Critère | Binomya | le tableur de planning maison |
|---|---|---|
| Construction des binômes | Propositions chaque vendredi, classées par gain en euros | À faire à la main, une soirée de croisement par semaine |
| Fauteuil, oxygène, brancard | Déclarés véhicule par véhicule, un binôme impossible n’est jamais proposé | De tête, ou dans une colonne de commentaires que personne ne relit |
| Fenêtre de tolérance et détour maximal | Réglés en minutes et en kilomètres, centre par centre | Aucun réglage explicite, l’arbitrage se refait mentalement chaque semaine |
| Chiffrage du gain | Recette individuelle, recette partagée et écart net sur chaque ligne | Formule à écrire soi-même, rarement remise à jour |
| Ordre de prise en charge | Calculé pour le binôme comme pour le trinôme | Improvisé, souvent tranché au téléphone à six heures quarante |
| Feuille de route conducteur | Une page par véhicule et par jour, imprimable et envoyée par message court | Copie dans un message, ou impression de l’onglet complet |
| Registre des refus de partage | Fiche horodatée et motivée, ouverte en trois appuis | Une ligne de commentaire, quand quelqu’un y pense |
| Attestation de taux de partage | Document mensuel par véhicule et par centre de soins | À reconstruire de mémoire le jour de la demande |
| Temps de régulation par semaine | Moins de trente minutes de lecture et d’arbitrage | Environ trois heures dix pour un parc de quatre véhicules |
| Coût | À partir de cinquante-neuf euros hors taxes par mois pour trois véhicules | Gratuit en apparence, payé en vendredis soir |
Ce que le classeur fait très bien, et qu’il faut lui laisser
Un classeur reste imbattable pour trois choses, tenir la liste de vos patients, garder l’historique de vos courses et sortir un total quand votre comptable le demande. Il ne coûte rien, il s’ouvre sur le poste du bureau comme sur le téléphone, il ne demande aucune formation et personne ne dépend d’un prestataire pour s’en servir. Une entreprise de taxi conventionné qui a construit ses onglets pendant dix ans y a déposé une connaissance métier réelle, et il n’y a aucune raison de la jeter.
L’erreur consisterait à croire qu’un moteur d’appariement remplace ce classeur. Le fichier reste votre point d’entrée, il se verse tel qu’il existe, avec vos colonnes et vos abréviations, et il continue de servir pour tout ce qui n’est pas la construction des binômes. Ce qui change, c’est que le croisement des heures de branchement, des durées de séance et des contraintes de fauteuil sort du classeur, parce que c’est précisément le calcul qu’une feuille de calcul ne sait pas poser.
Ce qu’un classeur ne peut pas faire, quel que soit le nombre de formules
Apparier deux patients sous contraintes n’est pas un problème de formule, c’est un problème combinatoire. Il faut comparer chaque série à toutes les autres, vérifier l’heure de branchement, la durée de séance, la distance entre deux adresses, la place restante une fois le fauteuil chargé, puis calculer l’ordre de dépose et de reprise. Sur quarante séries, cela représente des centaines de couples à évaluer chaque semaine. Aucune colonne de tableur ne tient cette charge, et le régulateur non plus après vingt heures.
C’est pour cette raison que le taux de partage stagne autour de dix-neuf pour cent dans les entreprises qui pilotent sur classeur. Ce n’est ni une question de compétence, ni une question de volonté. La personne qui régule connaît par coeur douze ou quinze rapprochements évidents, ceux du même centre à la même heure de branchement, et elle ne verra jamais les autres, ceux qui se jouent sur une différence de durée de séance ou sur un détour de six kilomètres.
La preuve, angle mort du planning maison
Le jour où la caisse demande pourquoi une série du mardi n’a jamais été partagée, le classeur ne répond pas. Il montre ce que vous avez fait, jamais ce que vous avez proposé ni ce qui vous a été refusé. Or c’est exactement la question posée. Une ligne de commentaire ajoutée trois mois plus tard n’a pas la valeur d’une fiche horodatée, créée le jour du refus, avec le motif exprimé et le nom de la personne qui l’a recueilli.
L’attestation mensuelle de taux de partage par véhicule et par centre de soins, avec le nombre de transports réalisés, la part partagée et les refus enregistrés, ne se reconstruit pas dans un onglet. Elle suppose que chaque proposition, acceptée ou refusée, ait laissé une trace au moment où elle a été faite. C’est une question d’ordre des opérations autant que d’outil, et c’est ce qu’un classeur ne peut structurellement pas garantir sur trente-six mois.
Le coût réel du classeur, mesuré en vendredis soir
Un classeur ne coûte rien à l’achat et environ trois heures dix par semaine à l’usage pour un parc de quatre véhicules, hors appels et hors annulations. Sur une année de séries, cela représente plusieurs semaines de travail de la personne la mieux payée de l’entreprise, celle qui devrait passer ses vendredis à démarcher des centres plutôt qu’à croiser des colonnes. À cela s’ajoute le manque à gagner, invisible parce qu’il ne figure sur aucune facture et qu’il ne se voit qu’au bilan.
Mis en face, un abonnement de cinquante-neuf euros hors taxes par mois pour trois véhicules, ou de cent dix-neuf euros pour dix véhicules, se compare mal à zéro et très bien à trois heures dix hebdomadaires. Il n’y a ni commission sur vos courses, ni facturation au transport, ni engagement de durée, et vos données ressortent en tableur quand vous le souhaitez. La comparaison honnête n’est pas gratuit contre payant, elle est temps de régulation contre argent encaissé.
Quand l’alternative reste le bon choix
Le classeur reste le bon choix si vos séries itératives se comptent sur les doigts d’une main, si vous roulez seul avec un véhicule vers un ou deux centres, et si vos rapprochements évidents sont déjà tous faits. Il reste aussi le bon choix si votre activité repose surtout sur des courses ponctuelles et des retours d’hospitalisation plutôt que sur des séries régulières, parce qu’un moteur d’appariement n’a alors presque rien à apparier. Dans ces deux cas, gardez vos onglets, ils suffisent largement.
Le verdict
Gardez votre classeur pour ce qu’il fait bien, sortez-en la construction des binômes et la preuve du partage. Le point de bascule se situe vers vingt ou trente transports itératifs par semaine répartis sur au moins deux centres, quand le nombre de couples possibles dépasse ce qu’une personne tient en tête un vendredi soir. À partir de là, chaque semaine passée sur le classeur coûte des binômes que vous ne verrez jamais.
Questions frequentes
- Dois-je abandonner mon fichier de planning ?
- Non. Il se verse tel qu’il existe, avec vos colonnes et vos abréviations, et il reste votre référence pour tout ce qui n’est pas l’appariement. Beaucoup de gérants continuent d’y noter leurs remarques et leurs coordonnées de centres. Ce qui sort du fichier, c’est la construction des binômes, le chiffrage en euros et le registre des refus.
- Combien de temps pour verser mes séries depuis un classeur ?
- Comptez environ une heure pour verser vos séries et vérifier les correspondances de colonnes. Si vous partez du papier, la saisie guidée demande une quinzaine de minutes pour dix patients itératifs. Dans les deux cas, la première liste de binômes tombe le vendredi suivant. En formule Roulement, la reprise de vos séries existantes se fait avec vous au démarrage.
- Puis-je récupérer mes données si j’arrête ?
- Oui, à tout moment. Vos séries, vos feuilles de route, votre registre de refus et vos attestations s’exportent en tableur et en document imprimable. À la résiliation, vos données restent accessibles trente jours pour l’export, puis elles sont supprimées. La facturation s’arrête au mois en cours, sans engagement de durée.
Binomya ou le tableur de planning maison, que choisir
Gardez votre classeur pour ce qu’il fait bien, sortez-en la construction des binômes et la preuve du partage. Le point de bascule se situe vers vingt ou trente transports itératifs par semaine répartis sur au moins deux centres, quand le nombre de couples possibles dépasse ce qu’une personne tient en tête un vendredi soir. À partir de là, chaque semaine passée sur le classeur coûte des binômes que vous ne verrez jamais.